Bulletin du Le Comité juif canadien du travail (CJLC) | JUILLET 2025

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Info Cjlc
/July 22, 2025

Unir les travailleurs juifs. Combattre l'antisémitisme. Renforcer la solidarité dans le mouvement syndical canadien. www.canadianjlc.ca

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Dans cette édition, nous examinons comment la liberté d’expression est instrumentalisée au sein du mouvement syndical canadien, souvent au détriment des membres juifs.

Les mots ont un impact. Ils entraînent aussi des conséquences naturelles. Ces conséquences peuvent être magnifiques — éducation, solidarité, empathie. Mais de plus en plus, les mots blessent notre société. Ils méprisent, menacent, déforment et causent les dommages. Nos droits sont accompagnés de responsabilités. C’est ainsi que nous maintenons une société fondée sur la légalité.

Lorsque vous entendez ou lisez un discours diviseur dans les milieux syndicaux, posez—vous la question suivante :

Tolérerais—je ces propos s’ils visaient d’autres groupes en quête d’équité — les communautés autochtones, les personnes LGBTQ2S+, les minorités racisées, les personnes en situation de handicap?

Si la réponse est non, pourquoi serait—ce différent pour les Juifs?


La liberté d'expression au Canada

«Mes collègues syndiqués et moi avons droit à un lieu de travail et à un espace syndical exempts dantisémitisme tel que NOUS le définissons, car cest ainsi que NOUS LE VIVONS. » -Jackie L., membre syndiquée

Notre liberté d’expression ne peut pas atteinte aux droits et libertés des autres. Nous ne pouvons pas compromettre la sécurité publique. En résumé, nos droits s’accompagnent de responsabilités.

Au Canada, nous affirmons souvent nos droits. La Charte canadienne des droits et libertés garantit l’égalité devant la loi, y compris les libertés d’expression, de réunion et de religion.

Mais au Canada, nous n’avons pas un « droit à la libre parole » tel qu’il est compris ailleurs. Nous avons le droit à la liberté d'expression — soit le droit de détenir nos propres opinions et de les exprimer comme nous le souhaitons, y compris sur les réseaux sociaux.

Ce qu’on oublie souvent, c’est la responsabilité qui accompagne ce droit : nous devons assumer les mots que nous choisissons. Il existe des limites à la liberté d’expression, notamment en ce qui concerne les discours haineux. La loi interdit tout discours de haine incitant à la violence ou à la discrimination.

Quand on entend des appels à « l’intifada » ou qu’on voit apparaître un triangle rouge inversé, la frontière entre liberté d’expression et discours haineux devient floue — voire inexistante.

Quand des commerces juifs à Toronto ont été pris pour cibles lors de manifestations et vandalisés, nous avons entendu le président du Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO) défendre ces actes en déclarant, lors d’un congrès de la Fédération du travail de l’Ontario, que « ce n’était qu’un peu de peinture rouge ».

Mais si cette « peinture rouge » avait été lancée contre un bureau de bande autochtone ou un char de la Fierté ? Est-ce que ces gestes auraient quand même été banalisés comme n’étant « qu’un peu de peinture rouge » ?

Bien sûr que non — et avec raison. Ce n’est pas une manifestation, c’est un acte criminel. Pourtant, lorsqu’il s’agit de cibles juives, le seuil de tolérance semble différent.

Personne ne devrait vivre un événement de « peinture rouge ». Nous avons le droit de critiquer le gouvernement israélien si nous le souhaitons.

Mais lancer de la peinture rouge n’a eu aucun impact sur le gouvernement d’Israël. Cela n’a pas « libéré la Palestine ». Ce qui s’est produit, c’est qu’un commerce local a été vandalisé et ciblé. Des employés ont dû nettoyer les dégâts. Ces employés étaient peut-être eux-mêmes syndiqués.

Ce n’est pas du militantisme. Ce n’est pas une manifestation pacifique.

La liberté d’expression est un droit — mais lorsqu’elle cible, intimide ou blesse d’autres personnes, surtout d’autres membres du mouvement syndical, elle trahit les principes mêmes sur lesquels notre mouvement est fondé.


Quand les mots attaquent

Soumis par un participant à Fierté Montréal 2024

La Fierté est censée être un moment d’inclusion. Pourtant, en tant que fier Canadien juif et homosexuel, dans un monde post-7 octobre, la saison des fiertés me donne à nouveau l’impression d’être exclu.

Devoir défiler au défilé de la Fierté Montréal l’an dernier entouré de policiers armés et d’agents de sécurité privée, ce n’est pas de l’inclusion. Devoir faire abstraction des regards fixés sur mon collier avec l’étoile de David, venant de personnes en keffiehs, ce n’est pas de l’inclusion.

Nous étions visés — et les paroles qui nous étaient lancées avaient un impact réel. Une sécurité armée avait été déployée pour nous protéger de la haine antijuive et de menaces physiques.

Nous défilions dans notre propre ville, dans un événement auquel nous participions depuis plus de dix ans. Et pourtant, nous faisions face à des attaques verbales de la part d’autres Canadiens, simplement parce que nous sommes juifs.

Les célébrations de la Fierté à travers le Canada ont été détournées par des manifestants qui ont pris nos espaces pour promouvoir un agenda antisémitique. Leurs blocages de défilés ont privé des centaines de groupes communautaires de leur seule grande occasion annuelle de rejoindre le public.

Leurs tactiques agressives ont mené à ce que la lieutenante-gouverneure du Canada, première personne ouvertement homosexuelle à occuper ce poste, retire son appui aux célébrations de la Fierté dans sa province.

Ce n’est pas de l’inclusion.

Agissez : @queersagainstantisemitism


Réflexions sur le Congrès 2025 du SCFP-Ontario

Soumis par un délégué au Congrès du SCFP—Ontario

Le congrès annuel du SCFP-Ontario s’est tenu du 28 au 31 mai 2025 à l’hôtel Sheraton Centre de Toronto. Bien qu’il soit censé être un espace de solidarité et d’action collective au service des travailleurs et travailleuses de toute la province, de nombreux participants — en particulier des membres juifs — en sont repartis avec un sentiment de déception et d’inquiétude.

Ce qui aurait dû être un forum consacré aux priorités syndicales a, une fois de plus, été éclipsé par un discours géopolitique polarisant. Des délégués ont constaté un éloignement continu des enjeux fondamentaux liés au monde du travail, au profit de messages politisés, souvent présentés sans véritable possibilité de débat ouvert ou respectueux.

Des préoccupations sérieuses sur le plan des procédures ont également été soulevées. Plusieurs délégués ont rapporté un temps limité pour s’exprimer pour ou contre les résolutions, un manque d’occasions réelles de proposer des amendements, et un manque troublant de transparence dans le processus entourant le plan d’action.

Ces tendances ont alimenté un sentiment plus large de résultats prédéterminés et de prises de décision biaisées, laissant nombre de participants avec l’impression d’avoir été réduits au silence.

Les congrès du SCFP-Ontario sont censés refléter une participation démocratique et une représentation inclusive. Or, avec moins de 1 % des membres présents, il est plus crucial que jamais que des voix diverses soient entendues et représentées.

Pour les membres juifs et sionistes, cette expérience a souligné l’importance de se présenter, de s’exprimer et de défendre notre communauté. Malgré les défis, il a été profondément réconfortant de recevoir du soutien et de la solidarité de la part d’autres délégués tout au long de la semaine — un rappel que nous ne sommes pas seuls.

Le Congrès national du SCFP est prévu pour octobre.

Si vous souhaitez y participer et contribuer à assurer une forte présence, veuillez contacter votre section locale pour plus d’informations.

Votre voix compte.


Appui syndical au mouvement Labour 4 Palestine

D’un océan à l’autre, Labour 4 Palestine (L4P) organise des présentations, promues comme des séances éducatives, à l’intention des membres syndicaux. L4P se présente comme pacifique et axé sur les droits humains. Mais en réalité, leur militantisme est ancré de rhétorique anti-israélienne et d’un soutien total au mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS).

L4P se présente comme un mouvement enraciné dans la défense des droits des travailleurs, mais ses gestes et son discours démontrent un manque réel d’intérêt pour les enjeux syndicaux. Le groupe instrumentalise le langage de la solidarité ouvrière pour faire avancer un agenda politique étroit et idéologisé.

Le 7 octobre 2023, L4P Ottawa a publié sur Instagram : « Hier soir, la résistance à Gaza a mené une attaque contre l’occupation et a capturé des soldats de l’occupation. » Cette déclaration est manifestement fausse. En réalité, l’assaut brutal du Hamas a impliqué l’enlèvement de nombreux civils — y compris des enfants — dont certains sont encore en captivité aujourd’hui.

Sur son site web, L4P camoufle son activisme politique sous le langage des droits syndicaux, affirmant que : « En vertu du droit international, les peuples occupés ont le droit de résister à l’occupation militaire, y compris par la lutte armée. » Ce récit — présenté comme une question de solidarité ouvrière — sert en fait à justifier la violence. Ces propos se retrouvent dans les « ressources » que L4P fournit aux syndicats, exploitant la crédibilité du mouvement syndical pour faire avancer un programme incendiaire.

Plus choquant encore est la déclaration de James Hutt, membre du comité de coordination de L4P, qui est désormais employé par l’ACEP, citée dans l’édition du 29 janvier 2024 du journal Midnight Sun : « Le mouvement syndical menait autrefois des grèves militantes et des actions directes de ce genre — il pourrait le refaire. Il faut se mobiliser vers cet objectif en éduquant des millions de travailleurs, en les connectant avec des radicaux au sein des syndicats et en les aidant à se mobiliser de manière massive et puissante. »

Cette rhétorique soulève de graves préoccupations quant à une incitation potentielle à la violence au sein du mouvement syndical canadien.

Malgré cela, de nombreux syndicats ont offert une tribune à L4P pour propager la désinformation, l’incitation et la haine.

Par exemple, le Syndicat des employés généraux de la Colombie-Britannique (SEGCB) a adopté la Résolution composite C-1, s’engageant à :

« Se tenir solidaire et collaborer avec l’organisation Labour 4 Palestine (L4P) afin de soutenir un résultat positif conforme à nos valeurs communes de justice, de droits humains et de solidarité. »

Lorsqu’on lui a demandé des comptes sur cette résolution, le président du SEGCB a répondu qu’elle ne signifiait qu’un soutien conditionnel à L4P, limité aux valeurs réellement partagées. Il a ajouté que même si le syndicat ne soutient pas toutes les positions de L4P (comme le BDS), il se réserve le droit de « choisir ce qu’il appuie ».

Mais les actions de L4P parlent plus fort que n’importe quelle résolution.

Lors d’un atelier récent de L4P organisé par l’Association des sciences de la santé de la C.-B. (HSABC), les mots suivants ont été utilisés :

  • « Apartheid » / « Apartheid israélien » – 58 fois
  • « Génocide » / « Génocide israélien » – 15 fois
  • « Colon » / « Colonial » – 22 fois
  • « Nettoyage ethnique » – 6 fois
  • « Occupation » / « Occupé » – 12 fois
  • « Oppression » / « Opprimé » – 10 fois
  • « Crimes de guerre » / « Crimes de guerre israéliens » – 10 fois

Aucune intervention syndicale n’a été faite pour contester ces déclarations incendiaires, et ce, malgré la Constitution du syndicat, sa politique contre le harcèlement et la discrimination, et sa déclaration sur l’équité — toutes exigeant une intervention lorsqu’un dommage est causé.

Avant l’atelier, des membres juifs du syndicat, appuyés par le CJLC, ont officiellement demandé l’annulation de la séance. Le syndicat a refusé, affirmant que l’accueil de l’activité ne constituait pas un appui. La seule concession fut une déclaration d’ouverture mentionnant la « nature sensible » du contenu, et invitant les participants à faire preuve «d’ouverture d’esprit ».

Mais comment cela est—il possible, lorsqu’un groupe est ouvertement calomnié par l’autre?


Le Congrès du travail du Canada divise au lieu d’unir

Le 17 juin 2025, le Congrès du travail du Canada (CTC) a publié une déclaration

qui ne reflétait en rien un appel sincère à la « justice, à la paix et à la reconnaissance ». Cette déclaration politique biaisée a volontairement ignoré des faits essentiels, échouant ainsi à faire avancer toute forme de résolution juste.

Le CTC a manqué une occasion d’être une voix constructive pour la paix, en sélectionnant uniquement certains éléments d’un conflit profondément douloureux au Moyen-Orient. Cette approche déforme la réalité et renforce la polarisation croissante au sein du mouvement syndical et dans l’ensemble de la société canadienne. Cette prise de position déséquilibrée ne reflète ni les opinions ni les valeurs de l’ensemble des membres du CTC, et ne contribue aucunement à l’unité.

Nous demandons au CTC de mettre fin à ces accusations contre-productives et d’utiliser plutôt sa plateforme pour rassembler les gens, en favorisant la compréhension, en luttant contre l’antisémitisme et toutes les formes de discrimination, et en travaillant à des solutions réelles fondées sur la vérité et la reconnaissance mutuelle.

Le CJLC en appelle aux syndicats et organisations du travail à choisir leurs mots avec soin, et à reconnaître l’importance de leurs paroles. Les membres syndicaux en Ontario et au Canada comptent sur le leadership de ces institutions pour être la voix de TOUS leurs membres. En tant que garants de la liberté d’expression, les syndicats et les entités syndicales ne doivent pas fuir cette responsabilité.

Participez

Si vous souhaitez combattre l’antisémitisme dans votre syndicat ou établir des liens avec d’autres membres juifs et alliés, communiquez avec nous :

Renseignements généraux : [email protected]

Syndicat

Contact CJOC

AFPC (PSAC)

[email protected]

HSABC

[email protected]

BCGEU

[email protected]

SEFPO (OPSEU)

[email protected]

SCFP (CUPE)

[email protected]

ACÉP (CAPE)

[email protected]

IPFPC (PIPSC)

[email protected]

 

Votre syndicat ne figure pas dans la liste ?

Vous pouvez quand même vous impliquer. Écrivez-nous pour commencer — nous vous accompagnerons à chaque étape.

Cliquez ici pour envoyer un courriel à CJLC (indiquez votre syndicat et le numéro de votre section locale).

 

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